Ave les scribouillards. En ce beau dimanche du mois de mars, j’entame un deuxième chapitre consacré à la création des personnages d’un roman. Souvenez-vous. Dans mon dernier article, je vous donnais quelques pistes pour bien choisir le nom de vos personnages. Aujourd’hui, je m’intéresse à leurs physionomies. Alors, certes, le physique d’un personnage n’est en soi pas très important car, comme le dit Orson Scott Card dans son livre, Personnages et points de vue, ce qui caractérise le mieux et le plus efficacement une personne, ce sont ses actes, ce qui motive ces derniers et son passé. Quand on connait tout cela du personnage, on peut se passer de savoir  de quelle couleur sont ses yeux ou celle de ses cheveux. D’ailleurs, certains auteurs ne décrivent jamais l’apparence de leurs personnages. C’est un parti pris. Décrire ou ne pas décrire, telle est la question ! Pour ma part, je fais partie de ceux qui aiment recevoir quelques indications sur le physique des personnages dont on suit les aventures. Du coup, lorsque j’écris, je m’attarde également sur l’apparence de mes protagonistes. Le danger lorsqu’on se lance dans de telles descriptions est de trop en dire. Notre joli paragraphe se transforme en gros pavé indigeste qui freine le rythme du récit et qui, en plus, n’apporte rien au lecteur qui aura tôt fait de tout oublié une fois la page tournée. Pour éviter de tomber dans ce piège, je vous livre quelques astuces dans la suite de cet article.

Pourquoi décrire un personnage ?

     Comme à chaque fois qu’un auteur livre une information dans son récit ou écrit une scène, il se pose la question du pourquoi. Pourquoi je décris mon personnage ? Qu’est-ce cela apporte à mon récit ?

     Premièrement, donner quelques indications au lecteur lui permettra de mieux visualiser vos personnages. Comme je l’ai dit plus haut, j’aime pour ma part avoir une idée assez claire de leur apparence. Cela me permet de mieux m’immerger dans l’histoire et de m’attacher aux personnages.

     Deuxièmement, la description est plus qu’une simple énumération de traits. Elle peut donner des informations implicites sur les origines, la personnalité, la situation sociale, la réputation, des personnages. Par exemple, les vêtements usés de Ron Weasley montrent la situation de précarité de sa famille. La cicatrice d’Harry Potter n’est pas qu’une simple cicatrice. Il y a toute une symbolique et une histoire derrière elle.

     Troisièmement, une description aide à différencier les personnages entre eux. Aussi simple que cela. Exemple. Dans le Prince de Sang Mêlé, J.K. Rowling décrit la visite de Dumbledore chez les Dursley. Elle ne le nomme pas tout de suite mais décrit sa longue barbe blanche, son nez aquilin et ses lunettes en demi-lune. Juste avec ces informations, le lecteur sait qui est en face des trois moldus.

Quand décrire un personnage ?

     De manière générale, les détails de l’apparence d’un personnage seront fournis au début du récit. Il n’y a pas trop d’intérêt pour le lecteur à découvrir à l’avant dernier chapitre qu’en fait le héro est roux et pas blond comme il se l’était imaginé durant les quatre cents premières pages.

Quel personnage décrire ?

     Disons que plus les personnages apparaissent, plus les détails sur leurs physionomies peuvent être poussés. Le héro et les autres personnages principaux seront mieux décrits qu’un personnage intervenant une fois dans l’histoire.

Comment aborder la description d’un personnage ?

     Les descriptions peuvent être vite rébarbatives. Pour éviter d’ennuyer le lecteur, le mieux est d’introduire des éléments de description dans différentes situations (via une action ou à travers le regard d’un autre personnage par exemples), d’en varier le vocabulaire ainsi que la forme.

     Une autre astuce pour éviter les pavés interminables est de jouer avec les préjugés et les stéréotypes. Je m’explique. Si je vous dis bimbo, l’image d’une blonde, ultra maquillée portant une jupe courte et pas très intelligente apparait dans votre esprit. Du coup, vous avez l’impression de connaitre déjà ma bimbo. Je vous ai entrainé dans une direction. Maintenant, si je vous dis qu’elle est neurochirurgienne de renommée mondiale, ma bimbo vous inspire un peu plus de respect et elle vous a surpris. Tout cela pour dire qu’en tant qu’auteur, nous pouvons jouer avec ces stéréotypes et ces préjugés universels pour surprendre le lecteur. 

     Dans le même ordre d’idées, vous pouvez jouer avec la réputation de vos personnages. Par exemple, lors d’un dialogue, deux personnages parlent de Fred. Vous apprenez de leurs bouches que cet homme est un Don Juan de première. Lorsque Fred apparaitra un peu plus loin dans le récit, le lecteur s’attendra à un certain comportement de sa part avec la gente féminine. A vous auteurs de satisfaire ou non les attentes du lecteur à ce moment-là.

Que décrire de son personnage ?

     Et vous, quel auteur êtes-vous ? Description ou pas ?